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Janvier 2012   -   30-01-2012

Jean-Marc Vallée   

Deux femmes, deux époques et un grand amour, reliés par un seul fil conducteur : la musique. Six ans après "C.R.A.Z.Y.", Jean-Marc Vallée revient sur la scène internationale avec un surprenant set cinématographique. Interview

Jean-Marc Vallée

Comment est né Café de Flore, le film ?

Du thème musical. J’ai découvert « Café de Flore » en 2004 dans sa version électro ; j’aimais beaucoup l’accordéon, la mélodie… Puis j’ai découvert sa version Big band, sa version lounge. J’écoutais tout cela en boucle – comme le personnage du film – et ça m’a donné envie d’écrire une fiction sur ce thème, que je trouvais très épique, très stimulant. C’est une mélodie qui inspire l’amour et la paix et c’est vers cela que le film tend, même s’il est traversé de mélancolie, de douleur et de tristesse.
Trois ans plus tard, toujours bercé par cette musique, je commençais l’écriture d’une double histoire d’amour.

N’est-ce pas aussi, surtout, une histoire de séparation ?

Le tag line du film est : « Ce n’est pas facile de dire adieu à ceux qu’on aime ».
Je ne voulais pas faire uniquement une histoire d’amour ; très vite s’est imposée l’idée que cette femme s’inventait une vie antérieure pour s’affranchir des blessures du présent. J’aime voir ce film comme un exercice très fort de deuil amoureux. Il faut parfois toute une vie, ou deux, pour y parvenir. Et ce « ou deux » naît de l’imagination de Carole.
J’ai toujours eu cette volonté de raconter deux histoires en parallèle et de prendre mon temps, avant de révéler, d’aller vers une explication ésotérique. Je voulais qu’on s’accroche au personnage, à l’émotion, et non au récit ou à quelque chose de linéaire. Café de Flore demande des efforts et invite à être patient, à s’attarder sur des gens que j’espère vous allez aimer. Moi j’aime les femmes de ce film particulièrement.

Café de Flore

Vous mentionnez les femmes et pourtant, la voix off invite à suivre le parcours de deux hommes. Vous aimez brouiller les pistes ?

Effectivement plus on avance dans le film, plus on se rend compte que la narratrice nous ment.
Elle commence par « Voici l’histoire d’un homme qui a tout pour être heureux, et qui possède la lucidité pour en être conscient ». Et après elle nous dit : « Voici l’histoire d’un garçon qui n’a pas tout pour être heureux… ». Mais cette voix off triche, elle nous met sur une fausse piste ! Ce sont Carole et Jacqueline qui portent les buts dramatiques ; en face d’elles, les mecs sont passifs. L’histoire de ces deux hommes est en fait l’histoire de ces deux femmes… de cette femme, qui se projette dans une vie antérieure. Il faut se laisser désorienter pour la comprendre, pour accepter sa folie.
A la première lecture on se laisse aller dans deux récits ; puis on cherche à faire le lien. Et je trouve que cette recherche progressive est favorable au film : elle nous aide à rester là, assis, et à suivre ces histoires parallèles. On n’a aucune idée que l’on s’en va dans l’ésotérisme mais petit à petit, on commence à croire et à comprendre les choses… le somnambulisme, les médicaments, les livres sur les rêves et l’inconscient… Carole cherche ailleurs que dans la logique.

Vous croyez à l’ésotérisme ?

Non. Et je ne suis pas un metteur en scène qui vous dit « Croyez en la réincarnation ». Ceux qui y croient tant mieux pour eux ! Café de Flore parle d’âme sœur. Quand tu es romantique dans l’âme, tu crois que ce concept d’’amour absolu ne devrait arriver qu’une fois dans la vie. Si tu perds ça, c’est déchirant.
Carole et Antoine ont 14 ans quand ils se rencontrent. Ils vivent cet amour fusionnel et ça les déchire vingt ans plus tard d’avoir à y renoncer, alors qu’ils ont juré devant Dieu d’avoir des enfants, de mourir ensemble … le truc qu’on nous apprend et que l’on souhaite, en fait. C’est utopique, mais on le souhaite.

Vous êtes à la fois scénariste, réalisateur et monteur… Avez-vous fait évoluer la construction narrative ou êtes-vous resté fidèle à l’idée de départ ?

Je n’ai pas été fidèle tout du long, mais presque. Disons à 80%.
A l’écriture, j’allais à Paris avec Carole et parfois avec Antoine mais au montage, ces passages de Montréal à Paris ne fonctionnaient pas complètement. Paris, c’est sa fabulation à elle : je ne voulais pas que le public puisse faire l’amalgame avec Antoine. J’ai dû modifier mon plan de montage dans ce sens, j’ai joué davantage sur le montage parallèle… Je voulais vraiment que Paris soit associée à Carole et ça, c’est un truc de montage, pas d’écriture.

Café de Flore

Vanessa Paradis joue la mère d’un enfant trisomique. Comment s’est-elle préparée à une aussi grande complicité ?

Elle a rencontré des parents d’enfants trisomiques et elle a acquis leurs réflexes. Il est adorable le petit mais il y a un esprit de contradiction tellement énorme qu’elle devait faire preuve de patience et d’autorité en même temps. Il la challengeait beaucoup mais ils formaient la paire ; c’était incroyable de les voir ensemble. Elle était ouverte, le cœur dans la main, prête à tout… Elle était tellement au service du film et de son personnage, de l’émotion… c’était beau de la voir travailler avec ce petit, de parfois répéter ce qu’elle comprenait intuitivement.

Vous en avez fait une antithèse d’elle-même. Comment l’avez-vous transformée ?

Pas de coiffure, pas de maquillage, les cheveux teints en brun terne… on ne peut pas rendre Vanessa Paradis moche mais on a essayé !
On lui a mis du rouge à lèvres dans une seule scène : l’anniversaire de Marin où elle se met plus coquette. Pas pour séduire, mais pour le fils à qui elle a dédié sa vie. Elle n’est pas dans la séduction cette femme, elle ne montre pas de peau, elle est toujours couverte...
Pour une comédienne comme Vanessa, habituée à se faire cajoler, se faire dire qu’elle est belle, c’était un exercice d’humilité. Moi je lui lève mon chapeau, c’est un coup de foudre professionnel cette rencontre.

La bande son est un élément capital de la narration. Avez-vous orienté le tournage en fonction d’elle ?

La musique est très importante mais ce n’est pas le montage son qui a guidé le film. J’avais une vague idée de ce que je voulais essayer ; pourtant ces brisures soudaines, ces silences, tout le travail sonore s’est fait plus tard. Le DJ le dit d’entrée de jeu : « J’aime bien couper le son, ça donne plus de punch à ce qui s’en vient ». Et c’est effectivement une façon différente de raconter ces deux histoires singulières. Mais en même temps c’est essayer de surprendre, de souligner le surnaturel. On utilisait souvent l’expression « fantomatique » : il fallait que ce soit presque spectral, qu’on ait l’impression d’entendre sans identifier vraiment.
Par exemple, la première fois que l’on voit Carole dans sa confection de bijoux, il y a, très loin, « Breathe, breathe in the air » [il fredonne Pink Floyd, ndlr]. Eh bien en fait, j’ai fait écouter Dark Side of the Moon à Vanessa pour qu’elle reproduise le rire du morceau, et j’ai mixé son rire avec l’original. Au début on entend les Floyd, puis c’est Vanessa. Mais je ne crois pas que le public s’en rende compte. Je crois que ça rentre dans l’inconscient, et on a mixé de façon à être pratiquement subliminal.
Toute la musique (Sigur Rós, The Cure, Stars of the Leeds…) a été choisie pour ses qualités mystiques.

C’est un pari !...

On essaye toujours de proposer autre chose d’un film à l’autre, d’être original… Là je n’ai pas ma réponse, je ne sais pas si j’ai réussi. Je le souhaite sincèrement parce qu’on est tous fiers de vous offrir cette proposition particulière. Et on espère qu’elle sera bien reçue !

 

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