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Toronto 2011   -   21-09-2011

Philippe Falardeau (2/2)   

Auteur du subtil "Monsieur Lazhar", Philippe Falardeau raconte les grands thèmes de son dernier film et son travail avec les enfants. Occasion rêvée d’élargir le propos sur l’éducation nord américaine et sur l’esprit du cinéma canadien, vus par un Québécois. Interview (2/2)

Philippe Falardeau

Monsieur Lazhar un film qui joue sur l’amour de la langue, mais aussi sur l’éducation et le respect…

Le respect de l’acte d’éducation, comme un acte fondamental, qui n’est pas juste affaire de transmission du savoir, mais d’apprentissage pour vivre avec les autres : apprendre à aimer, apprendre à souffrir, à penser à travers les souffrances… C’est tout cela à la fois, et l’enseignement pour Bashir Lazhar devient un acte qui permet de passer à travers le deuil. A la fois pour les enfants et pour lui-même. Et je pense que l’acte d’enseignement est fondamental là-dedans.
Pour moi la scène clef dans ce message est celle où les parents rencontrent Bashir : ils sont critiques et lui disent « Contentez-vous d’enseigner à notre fille et de ne pas l’éduquer ». Les parents font erreur parce qu’on ne peut pas laisser son enfant huit heures par jour à un étranger en pensant qu’il n’y aura que de l’enseignement et pas d’éducation.

Les enfants ont un rapport très franc dans leur approche de l’autorité parentale ou professorale ; ils tiennent un discours très mature… Est-ce un trait de caractère général au Canada ?

C’est un trait de caractère sur l’ensemble du continent nord américain, où l’enfant est devenu un « client » du système. Les parents font la pluie et le beau temps dans les comités de classes, ils considèrent que ce sont eux qui doivent dicter comment on traite leur progéniture. Les enfants sentent cela, donc le rapport hiérarchique s’est brisé. Aujourd’hui à l’école, ils peuvent parler aux professeurs beaucoup plus directement que ce qu’il était autorisé il y a trente ans. Est-ce que c’est bon ou mauvais, je ne sais pas.

Bashir est un immigrant : n’est-il pas, de fait, étranger à ce principe d’égalité ?

Oui tout à fait. Il arrive d’un système plus vieillot, où il faut le vouvoyer et montrer un certain respect, où l’on peut encore donner une petite tape derrière de la tête sans que cela s’appelle « frapper des enfants »… Je trouve cela plutôt rigolo, je ne vois pas ça dramatiquement. Chez les anglo-saxons c’est perçu comme un affront à l’enfant ; chez les latins c’est moins pire.

Dans le plan de fin, le professeur et l’enfant se prennent dans les bras. Pourquoi cette image ?

Le film ne se terminait pas comme cela dans le scénario. Je voulais cette image où ils décident, d’égal à égal, de transgresser le tabou principal à l’école, c'est-à-dire la codification des rapports physiques entre l’adulte et l’enfant. Cette codification existe pour prévenir les abus, mais je pense qu’on est allés trop loin dans son principe.
J’ai vécu, vers 35 ans, l’impossibilité d’être assis dans un jardin public et de regarder jouer les enfants. Tu peux le faire deux ou trois minutes, mais si tu es un homme seul dans un parc, c’est impossible. A un moment donné quelqu’un va appeler la police. C’est totalement absurde, mais les hommes sont vus comme des agresseurs d’enfants potentiels en Amérique du nord.

Le tabou du contact physique est quelque chose que vous questionnez également ?

Je suis allé observer des cours d’école pour préparer le tournage. Parfois je m’arrêtais devant le grillage et je regardais les enfants jouer mais au bout de cinq minutes, les surveillants m’avaient repéré. Si je restais dix minutes de plus, la police arrivait, ou eux venaient me voir pour me demander s’ils pouvaient m’aider…
Dans le film, le personnage du professeur d’éducation physique ne peut plus enseigner la gymnastique parce que dans ce sport, il faut toucher les enfants physiquement pour les aider. Alors il se contente de les faire tourner dans la cour, comme un con… et il passe pour un con. C’est un témoignage qui m’a été réellement rapporté par un prof de gym.

Les enfants sont très justes, pourtant le suicide de leur professeur est un sujet sensible pour leur âge. Comment avez-vous travaillé avec eux ?

Je me suis fait assister par un coach pour enfants. Pendant les répétitions en atelier, elle observait la direction dans laquelle je voulais aller, et elle assurait le suivi avec eux. Sur le plateau c’est moi qui dirigeais, et si ça bloquait elle était là pour m’appuyer, pour prendre l’enfant à part et le remettre dans de bonnes dispositions par rapport à la scène.
Pour les scènes les plus difficiles émotionnellement, j’abandonnais pratiquement toute velléité de mise en scène pour pouvoir me concentrer sur ma relation avec l’enfant. Mais sans coach, je n’y serai pas arrivé.
Ce qui est étonnant c’est qu’à 10 ou 12 ans, on peut parler de psychologie des rôles avec eux : je leur demandais comment ils envisageaient le comportement du personnage, ce qu’il pourrait dire à tel ou tel moment… comme on fait avec les adultes, en fait ! La seule différence c’est qu’il faut prendre plus de pauses, et toujours garder sur le plateau une atmosphère ludique.

Monsieur Lazhar

Dans les scènes de groupe vous travailliez avec plusieurs caméras ?

J’ai travaillé avec deux caméras pour les deux scènes dramatiques importantes dans la classe, afin de capter des réactions au moment où l’on filmait le personnage principal. J’avais beaucoup étudié le processus de tournage de Entre les murs. Eux avaient fait un corridor technique avec, en permanence, trois caméras : une sur le professeur, une sur la personne qui parle avec lui et une qui allait chercher les réactions. Personnellement, ça ne m’intéressait pas parce que je voulais être avec les enfants ; ma caméra n’est jamais en périphérie : elle est entre deux rangées, derrière l’épaule d’un élève… C’est ce point de vue que je voulais avoir.

« Monsieur Lazhar » est une pièce de théâtre de la dramaturge canadienne Evelyne de La Chenelière. Comment est née l’idée d’en faire un scénario ?

Je cherchais depuis longtemps un sujet autour de l’immigration et ce qui m’a plu dans cette pièce, c’est que ce n’était pas le thème principal : ce qui nous touchait, c’était la qualité humaine du professeur, par rapport à la classe et au deuil des enfants… D’ailleurs le texte n’est qu’un monologue. Bashir Lazhar s’adresse à des enfants, à des collègues que l’on doit imaginer ; il n’y a pas de répliques.

Vous avez donc réalisé un gros travail d’adaptation ?

C’était ça l’intérêt. J’avais un personnage très fort, dans son humanité et sa subtilité, mais en tant que scénariste j’avais un vrai travail de création pour inventer le reste. Par exemple, toute cette trame autour de Simon, le jeune garçon, n’existait pas. Le suicide du professeur était dans la trame théâtrale, mais pourquoi se suicide-t-elle ? Au cinéma, la question se pose et s’invente : le garçon qui découvre le corps, ensuite cette relation qu’ils auraient eu [la professeur « aurait » embrassé l’enfant, ndlr], l’enfant qui aurait accusé son professeur et qui porterait cette culpabilité du suicide… tout cela crée les ressorts dramatiques du film.

Vous avez le même producteur que Denis Villeneuve et les deux films sont inspirés du théâtre… c’est une coïncidence ?

Oui c’est une coïncidence ! Quand j’ai vu la pièce, mes producteurs étaient dans la salle et en sortant je leur ai dit : « On fait ça ». Ils m’ont regardé en pensant « Quoi ? ». Un mois plus tard, je leur apportais le synopsis. C’était mon quatrième projet avec eux, alors je pense qu’ils me faisaient confiance pour les deux ans de scénarisation que ça allait représenter.

Evelyne de La Chenelière a participé à l’écriture du scénario ?

Non, mais je lui ai demandé d’être ma première lectrice. Elle a été la gardienne de l’intégrité de son personnage.

 

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